Le boss fort au Stade

Lib?ration, 2003-05-25, by: Sabrina CHAMPENOIS
Bruce Springsteen en grande forme, samedi, ? Saint-Denis.
Remplir un stade et se le mettre dans la poche, c'est du nanan pour Bruce Springsteen et son E. Street Band, depuis ? peu pr?s vingt-cinq ans. Une l?gende s'est d'ailleurs b?tie autour de ces m?gaconcerts, r?put?s pour tourner ? la grande communion entre ?le boss? et ses fans : jamais moins de trois heures, des titres phares repris en choeur, des blagues, des courses, des glissades effr?n?es, des passages recueillis... Samedi soir, pour la premi?re fois, l'affaire se passait au Stade de France.
Il est 20 h 35 quand le groupe entre en sc?ne, sous une grosse averse qui confirme des pr?visions m?t?o propres ? doucher les envies d'acheter une place in extremis. D'ailleurs, sur la pelouse, les fans en K-Way ou parapluie sont au large... Springsteen, tout en noir, se met au diapason : Who'll Stop the Rain ? du Creedence. Ensuite, retour ? l'affiche pr?vue avec The Rising, de l'album ?ponyme sorti l'?t? dernier et inspir? des attentats du 11 septembre. Et l?, surprise, le morceau qui n'a pas franchement convaincu sur disque, ni ?live? ? Bercy il y a huit mois, sonne juste, prometteur, enthousiaste. Springsteen, 53 ans, physiquement intact, tient la forme et son groupe. Ce que confirment dans la foul?e Lomesome Day, The Ties That Bind, jusqu'? You're Missing dont les violons vont se perdre dans le ciel ouvert. Cette fois, pas de ?gros son? parasite, dans un d?cor minimaliste (fond noir, quasiment pas de jeu de lumi?res, deux ?crans ?g?ants?, dont un d?ficient), la voix prend toute son ampleur, notamment ces hululements qui font fr?mir l'?chine.
A 21 h 30, entre chien et loup, le stade se l?ve pour Badlands. Idem pour Out in the Street, o? Springsteen descend vers le public, court, touche quelques mains, rigole, avant que tout le groupe passe tour ? tour derri?re le micro (ovation pour le saxophoniste Clarence Clemons). Dans cette lign?e d'hymnes springsteeniens, suivent Mary's Place, Jungleland (un peu lent, alourdi par le violon et le saxo), Bobby Jean (premier rappel, ? 22 h 45), Ramrod (s?ance de cabotinage avec le Soprano Steve Van Sandt), Born to Run et Dancing in the Dark, cl?ture joyeuse avec la pelouse qui danse tous parapluies ouverts sous la pluie qui vient de reprendre. Au final, au bout de trois heures, juste un regret : aucun titre des albums Nebraska, Tunnel of Love, Human Touch, Lucky Town ou The Ghost of Tom Joad.

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